Rétrospective: le festival des souris
A lire en parrallèle avec l’article sur les nouvelles souris Logitech. Quelle évolution parcourue en 10 ans!
Article paru en septembre 1997 dans une édition spéciale du Marché
Décriée à ses débuts, considérée avec dédain par les utilisateurs de vrais ordinateurs (c.-à-d. les ordinateurs compatibles IBM), la souris a depuis pris sa revanche. Alors qu’au temps des interfaces textuelles (DOS), les utilisateurs semblaient parfaitement satisfaits des 4 touches fléchées pour déplacer le curseur sur l’écran, le travail avec une interface graphique (Windows, Mas OS, etc…) nécessite un dispositif de pointage plus précis et plus maniable.
Lors de mes premiers contacts avec le Macintosh et sa souris, il m’a semblé retrouver une vieille connaissance tellement le maniement de la souris m’apparut naturel et intuitif. Apporter des corrections dans un texte, effectuer les mises en forme des paragraphes, sélectionner les fontes ou les mises en valeur, tout cela s’effectue le plus naturellement du monde. Mais je suppose que je n’ai pas à vous convertir, l’immense majorité des ordinateurs actuels étant livrés d’origine avec une souris.
Insistons quand même sur l’utilité de paramétrer la souris pour obtenir le comportement le mieux adapté à votre façon de travailler. La relation entre la distance parcourue par la souris sur son tapis et le déplacement du curseur sur l’écran peut être adaptée à la tâche en cours. Lors de l’utilisation d’un logiciel de traitement de texte ou d’un tableur, il est commode de pouvoir déplacer le curseur d’un bord de l’écran à l’autre avec un petit mouvement des doigts; alors que pour du travail de précision, dessin technique par exemple, on choisira un déplacement du curseur moins important. Utile aussi, la possibilité de prendre en compte la vitesse de déplacement de la souris. Personnellement, c’est la solution que je préfère, puisqu’elle permet à la fois un déplacement important du curseur (en bougeant rapidement la souris) et un travail de précision (en prenant son temps).
Pourtant, nul n’est parfait! Même pas la souris! Un des reproches que l’on peut lui faire, c’est qu’elle nécessite une petite place à côté de l’ordinateur pour déballer son tapis; or le terrain dans le voisinage immédiat de l’ordinateur est à peu près aussi cher qu’au centre de Tokyo ! Aussi certains constructeurs ont-ils essayé des solutions alternatives; de la souris statique ou trackball, qui nécessite beaucoup moins de place, à la tablette tactile, sur laquelle il suffit de promener le doigt pour déplacer le curseur. Ces solutions sont surtout intéressantes pour les ordinateurs portables, car il faut bien avouer que l’utilisation d’une souris quand l’ordinateur est déjà en équilibre instable sur les deux genoux n’est pas très commode.
J’ai eu récemment l’occasion d’utiliser un ThinkPad d’IBM; le dispositif de pointage est un petit tube au milieu du clavier; il suffit de l’incliner dans la bonne direction pour obtenir le déplacement; ce dernier est plus ou moins rapide selon l’inclinaison du tube. Sceptique de prime abord, je me suis fort vite habitué. Même jouer au solitaire est aisé, surtout lorsqu’on choisit l’option trace qui laisse derrière le curseur une sorte de traînée permettant de suivre aisément son mouvement. Fort bonne solution car, sur les anciens PowerBooks d’Apple, le curseur devient invisible lors de déplacements un peu trop rapides.
Mais que faire lorsque l’ on veut utiliser son ordinateur de bureau en étant confortablement installé dans un fauteuil moelleux? Bien sûr, cette position ne convient pas à tous les types de travaux, mais elle est bien agréable pour surfer sur Internet, aller chercher son courrier (électronique, ça vade soi !), découvrir un CDROM, bref, pour des travaux n’impliquant pas l’usage du clavier.
Philips a songé aux amateurs de confort en mettant au point le 3D Pointer: il s’agit d’une souris permettant de déplacer un curseur sur l’écran simplement en déplaçant la souris … dans l’air. Un petit gyroscope incorporé détecte les changements d’orientation de la souris et communique ces informations à l’ordinateur par l’intermédiaire d’un câble de 3 mètres relié au port série. Le 3D Pointer peut également être utilisé comme souris conventionnelle, glissant sur son tapis. Parfait donc pour les utilisateurs sérieux qui s’accordent occasionnellement un moment de détente.
Côté pratique, le système est extraordinairement simple à mettre en œuvre: il n’y a pas de logiciel spécial à installer, puisque le système émule les signaux émis par une souris standard. Point donc de sueurs froides au moment de l’installation, en se demandant si, ce jour-là, le système d’exploitation va bien vouloir accepter l’intrus ou s’il va vous envoyer en plein écran un de ces messages cinglants dont il a le secret: Vous n’avez pas…, Je ne trouve pas…, Je n’ai pu…, Erreur numéro…
Philips a également mis au point le 3D Pointer Pro: ils’ agit d’une souris sans fil, permettant de déplacer un curseur à distance. Basé, lui aussi, sur l’utilisation d’un gyroscope, le 3D Pointer Pro communique les changements de position du boîtier à un petit récepteur placé à proximité de l’ordinateur et raccordé au port souris classique. La transmission se faisant par ondes radio, il n’est absolument pas nécessaire d’orienter la souris vers l’ordinateur, comme c’est le cas avec des systèmes utilisant une transmission infrarouge.
Le 3D Pointer Pro rendra les plus grands services lors de présentations sur grand écran gérées par ordinateur. Faites un diaporama électronique, projetez l’image sur grand écran avec l’un ou l’autre projecteur à cristaux liquides, contrôlez le tout avec Pointer Pro, voici une façon efficace de présenter votre message. Vous pouvez vous éloigner jusqu’à une vingtaine de mètres, tout en continuant à contrôler le système.
Le 3D Pointer Pro peut être utilisé tant avec un Macintosh ou PowerPC d’Apple qu’avec un PC/AT, un PS/2 ou un autre ordinateur compatible (Dos 3.x ou plus récent, Windows 3.1,95 ou NT); différentes interfaces sont disponibles, pour port ADB (Apple Desktop Bus), port série ou port souris d’un PC. L’alimentation se fait à partir de batteries. Le 3D Pointer Pro peut également être utilisé pour piloter un lecteur CD-i.
Logitech propose également une souris sans fil, MouseMan Cordless, ainsi que Surfman, une souris statique montée sur un boîtier de télécommande; la portée est de 10 mètres et Logitech inclut le logiciel Cyberjump destiné à faciliter l’utilisation du navigateur Web Netscape. Electrone, quant à lui, a préféré la transmission par rayons infrarouges pour sa souris statique Star- Track. Il s’agit donc de viser juste!
Si vous préférez les présentations sur écran de télévision, signalons le système Focus Presenter Tview Gold, qui permet de connecter un Mac ou un PC à un téléviseur (PAL ou NTSC). L’appareil est accompagné du logiciel Electronic Marker qui permet de faire des annotations: c’est l’équivalent électronique du feutre utilisé avec les transparents. Focus propose aussi une commande à distance pour présentations: le Micro Commander est une souris sans queue communiquant par rayons infrarouges; la portée est de 15 mètres.
Pour ceux qui n’ont que peu de place à consacrer à leur souris, la firme taïwanaise Everton a mis au point WinPoint: il s’agit d’une souris à première vue tout-à-fait conventionnelle, avec 3 boutons. Mais, telle une chèvre attachée à son piquet, la souris Winpoint ne peut quitter la surface de la petite tablette sur laquelle elle est posée; elle se contente donc d’une surface n’excédant pas 10xl1cm. Une autre différence par rapport aux souris classiques, c’est que l’on a affaire à un positionneur absolu: chaque point de la tablette correspond donc à un point de l’écran. L’amplitude du mouvement nécessaire pour amener le curseur d’un bord de l’écran à l’autre est de l6mm en hauteur et 20mm en largeur, ce que l’on obtient aisément à l’aide des doigts, sans bouger le poignet. A l’emploi, WinPoint s’est révélée fort agréable, les boutons sont d’un maniement aisé et sûr.
WinPoint est livrée avec une disquette d’installation; l’installation sous Windows3.l et Windows 95 n’a posé aucun problème sur un ordinateur de bureau. On a pensé aux gauchers: le logiciel permet en effet d’inverser les fonctions des boutons gauche et droit. Fort pratique aussi la possibilité de choisir la fonction du 3è bouton, celui du milieu; j’ai choisi le double clic, pour réduire la fatigue de l’index! Signalons cependant que la souris s’est refusée à fonctionner avec mon ordinateur portable ThinkPad; le constructeur, consulté, pense que la consommation de la souris est trop élevée pour ce type d’ordinateur portable; une version future devrait régler le problème.
Et enfin, après avoir parlé ci-dessus d’un clavier qui ramène le dispositif de pointage en son sein, voici la souris qui se prend pour un … clavier. Oh, bien sûr, pas unclavier 101/102 touches ! La Super Mouse de RLD Enterprises a été développée pour éviter aux utilisateurs qui doivent introduire de grandes quantités de chiffres dans l’ordinateur (utilisateurs d’Excel, ceci vous concerne !) le déplacement continuel de la main entre la souris et le clavier. RLD a donc réussi à placer sur le dos de la souris (un peu plus grosse que ses sœurs) 18 touches; celles-ci complètent les trois boutons classiques, situés sur le museau de la bête.
L’utilisateur a le choix entre 4 modes de fonctionnement:
* soit couvrir le dos avec un cache en plastique et utiliser la souris de façon conventionnelle, avec les 3 boutons;
* soit dégager les touches; on a alors le choix: utiliser les touches pour introduire des chiffres; émuler les touches des fonctions F1 à F15; ou encore, émuler les touches fléchées et introduire des caractères tels que #, $ ou % qui sont souvent utilisés dans les feuilles de calcul.
Le passage d’un mode à l’autre s’effectue bien entendu au niveau de la souris et des leds indiquent le mode actif. Super Mouse fonctionne sous Windows 3.1, 95 et NT; il existe une version pour port série et une version pour port PS/2.
Robert Du Bois