
Si l'utilisation de l'interface PATA en externe semblait complètement inconcevable vu l'encombrement des nappes, l'idée de faire la même chose avec l'interface SATA l'est beaucoup moins.
C'est sur cette constatation que plusieurs constructeurs de boitiers externes se sont basés pour décider de proposer dans leur gamme des boitiers externes proposant cette norme.
Vous l'aurez deviné, le boîtier externe Stardom iTank i302 que je vous présente aujourd'hui est équipé de cette interface. Il est également équipé d'une interface USB 2.0 afin de maximiser la compatibilité avec les différents ordinateurs que ce disque nomade pourrait rencontrer. Voyons ensemble quelles performances on peut attendre de ce boîtier...
SATA vs. eSATA

Tout serait tellement simple si les standards ne changeaient pas tout le temps....
En effet, ce disque propose une interface reposant sur une version un peu améliorée du SATA. Cette norme, appelée eSATA, a été développée par le consortium SATA spécifiquement pour les disques externes. En fait, le seul grand changement se situe au niveau du câblage. Cette norme utilise des câbles blindés d'une longueur standard de deux mètres. De plus, les connecteurs SATA habituels ont été remplacés par des connecteurs beaucoup plus robustes. Tandis que les connecteurs SATA traditionnels sont faits pour résister à une cinquantaine de manipulations (insertion, extraction), les connecteurs eSATA sont faits pour résister à 5000 manipulations.
Bien qu'elle soit pour l'instant relativement rare, cette nouvelle norme de cablage va probablement se répandre assez vite.
Boite et bundle

Dans la boite on trouve:
- le boîtier
- un câble USB
- un câble eSATA
- l'adaptateur secteur
- le câble d'alimentation de l'adaptateur
- un tout petit manuel d'installation
- quelques vis et deux "clés"

La première vision de ce boîtier est impressionnante. La finition est vraiment impeccable.
Tout le boîtier est en aluminium, mis à part la face arrière, mais il faut vraiment le savoir...
Le petit pied à visser sur le boîtier, également métallique, donne à l'ensemble une touche vraiment pro.
Quelques LEDs sont également là pour égayer le tout.. Elles savent rester discrètes, ce ne sont pas des néons comme sur certains boitiers. Quatre LEDs bleues donnent une petite touche de couleur au disque en fonctionnement tandis qu'une led rouge sert de témoin d'activité du disque dur. On les aperçoit par les trous d'aération.

Rack - Insertion du disque
Une grande nouveauté sur les disques SATA, c'est que leurs connecteurs sont placés exactement au même endroit sur tous les disques, et que ceux ci peuvent avoir un système de "guidage" pour être certains de toujours bien s'emboiter. Cela veut dire qu'on peut utiliser des disques SATA en rack très facilement. En effet, alors que les tiroirs traditionnels sont obligés d'utiliser un gros connecteur bien particulier, les tiroirs pour disque SATA peuvent utiliser directement le connecteur SATA.
L'installation est d'une facilité déconcertante!
1. On insère une des petites "clés" dans le trou prévu à cet effet afin de libérer la poignée. (Prenez n'importe quel ustensile de moins de 2mm de diamètre et de plus de 5mm de long et ca fonctionne très bien aussi.)
2. On tire la poignée vers soi et on sort le tiroir.
3. On visse le disque dans le tiroir
4. On insère le tiroir et on referme la poignée pour assurer le branchement du disque et le blocage du tiroir.
5. C'est fini, 1 minute chrono, sans se presser...
Pour ceux qui voudraient profiter du système "rack" de ce boîtier, réjouissez vous, il est possible d'acheter les tiroirs séparément. Le système est parfaitement hotswapable, donc à partir du moment où vous déconnectez le périphérique dans windows, vous pouvez sortir le tiroir et en mettre un autre sans arrêter ni le boîtier ni l'ordinateur.
Mise à jour: Il reste un problème: la résistance des connecteurs du disque dur lui même et de la carte au fond du boitier. Si on regarde dans les catalogues des fournisseurs de ces connecteurs (connecteurs standards SATA), on remarque qu'ils sont censés résister à 500 cycles avant d'éventuellement présenter des problèmes de connection. C'est un peu court pour pouvoir se permettre de changer de tiroir 3 fois par jour... Dommage... Il faudra éviter de le changer trop souvent...


Protocole de test:
Machine de test:
- P4 3.4Ghz
- Asus P5AD2 deluxe
- 2x 512Mo DDR-II Kingston
- Disque dur Maxtor DiamondMax10 SATA 200Go
- Win XP Pro SP2
Disque dur
Le disque dur utilisé dans le boitier est un Maxtor DiamondMax10 SATA 160Go prêté par

HD Tach
Nous avons commencé par tester les débits avec HD Tach 3
Pour ceux pour qui ne connaîtraient pas ce programme, ne vous inquiétez pas, c'est très simple:
HD Tach réalise quatre mesures:
- Le débit de donnée en burst (débit des données qui sont chargés dans la mémoire cache du disque dur): En gros, le débit dépend surtout de l'interface.
Un disque lent mais ayant une interface rapide se montrera bon dans ce test. - L'utilisation CPU: Certaines interfaces utilisent plus le CPU que d'autres. Lors de plusieurs transferts simultanés entre des disques, cela peut devenir gênant si le processeur est trop sollicité.
- Le temps d'accès moyen du disque dur: Temps moyen qu'il faut à la tête de lecture pour se rendre à un point donné du disque. C'est donc le temps qui s'écoulera entre le moment où un programme appelle une donnée et le moment où le disque commence le transfert (à peu de choses près)
- Le débit en lecture séquentielle du disque dur. Cela consiste à lire des blocs de données contiguës d'une taille déterminée un peu partout sur le disque, pour pouvoir afficher un graphique du débit du disque en fonction de l'endroit où la donnée se trouve sur celui-ci.
Transfert de fichiers
Nous avons également chronométré le temps de transfert d'un fichier de 552Mo avec TotalCommander.
USB2.0 vs eSATA
HD Tach
Voilà le résultat pour l'USB2.0 (en bleu) et le eSATA (en rouge)

On constate que pour l'USB2.0, le débit en burst est plus ou moins équivalent au débit soutenu. On remarque également que le débit du disque est constant sur toute son étendue. On peut donc dire sans risquer de se tromper que c'est ici l'interface (USB2.0) qui limite les performances.
En eSATA, c'est une autre histoire! On remarque que le débit de données en burst est de 135Mo/s, ce qui est énorme, et qui montre le potentiel de cette interface. On remarque que le débit du disque n'est pas constant. On retrouve la courbe typique de débit d'un disque non limité par l'interface. Cette fois, c'est donc le disque dur lui même qui limite les performances.
Coté utilisation CPU, là aussi la différence est impressionnante. Le CPU est trois fois plus sollicité par l'interface USB2.0 que par l'interface eSATA. Les temps d'accès sont fort similaires
Transfert de fichiers
Concernant le temps de transfert du fichier de 552Mo, cela a pris 21 secondes en USB2.0 et un peu plus de 10 secondes seulement en eSATA ! C'est surprenant !
Cela représente un taux de transfert moyen en écriture d'environ 26,3Mo/s en USB2.0 et 55,2Mo/s en eSATA !
i302 vs d'autres boîtiers USB2.0
Voici une petite comparaison des débits moyens en lecture de différents boîtiers. Les boîtiers SATA étant plutôt rares pour l'instant, la comparaison est effectuée avec des boîtiers USB->IDE et un disque Maxtor DiamondMax10 IDE de 300Go.
Ces mesures proviennent de HD Tach 3

eSATA vs. Firewire800
Vous avez déjà certainement entendu parler du firewire. Le firewire800 est le successeur du firewire400 et comme son nom l'indique, propose un débit théorique de 800Mbit/s, soit 100Mo/s.
Voici une petite comparaison entre le eSATA et le Firewire800.

La première chose que l'on remarque, c'est que les débits sont assez proches avec les disques durs actuels.
La deuxième chose que l'on remarque, c'est que le débit burst de l'eSATA est quasi le double de celui du Firewire800. Lorsque les disques seront un peu plus véloces, le eSATA prendra alors clairement l'avantage sur le Firewire800 !
Conclusion
Ce boîtier respire la qualité. Ses performances sont exceptionnelles en eSATA et au dessus de la moyenne en USB2.0. Proposé à un prix public conseillé de 62€ TVAC, il est un peu cher mais ses performances justifient ce tarif. Connecté en eSATA, il est aussi rapide qu'un disque interne, tout en étant transportable.
Il existe également une version uniquement USB2.0, proposée à 58€ TVAC. C'est un peu cher pour un boîtier USB2.0, mais le design a un prix. Les tiroirs peuvent quant à eux être achetés séparément au prix modique de 25€ TVAC.
+ Look sobre, dépouillé
+ Finition irréprochable
+ Bonne ventilation et boîtier tout Alu
+ Silence de fonctionnement (pas de ventilateur)
+ Système de tiroir
+ Tiroirs disponibles séparément (même si il vaut sans doute mieux ne pas changer de tiroir trop souvent)
+ Simplicité d'installation
+ Performances tant en eSATA qu'en USB2.0
- les "clés" fournies font vraiment "bon marché" comparé au reste...
- connecteurs eSATA encore rares (mais il existe des câbles SATA/eSATA ou des brackets PCI proposant ces connecteurs)
Note: 9/10

Merci à Raidsonic Technology GmbH pour le prêt de ce boîtier
Le distributeur belge de ce produit est CPV. Parlez en à votre revendeur si vous êtes intéressés !
Les références exactes sont les suivantes: i302-1S-SB2 pour la version eSATA et USB2.0 / i302-1S-B2 pour la version uniquement USB2.0

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